# Comment fonctionne un routeur solaire pour pompe à chaleur ?
L’optimisation énergétique des installations photovoltaïques couplées à des systèmes de chauffage thermodynamiques représente aujourd’hui un enjeu majeur pour les propriétaires souhaitant maximiser leur autoconsommation. Alors que les pompes à chaleur s’imposent comme la solution privilégiée pour le chauffage résidentiel bas-carbone, leur consommation électrique reste significative, particulièrement durant les périodes hivernales. C’est précisément dans ce contexte qu’intervient le routeur solaire, un dispositif électronique capable de gérer intelligemment le surplus de production photovoltaïque en le redirigeant vers votre système thermodynamique. Cette technologie permet non seulement de réduire drastiquement votre facture énergétique, mais également d’améliorer le coefficient de performance global de votre installation en exploitant l’électricité solaire au moment où elle est disponible.
Principe de fonctionnement du routeur solaire photovoltaïque couplé à une pompe à chaleur
Le routeur solaire constitue le maillon stratégique entre votre installation photovoltaïque et votre pompe à chaleur. Son rôle fondamental consiste à analyser en temps réel les flux énergétiques de votre habitation pour déterminer avec précision le moment optimal d’activation de votre système de chauffage thermodynamique. Contrairement aux idées reçues, ce dispositif ne stocke pas l’énergie mais agit comme un chef d’orchestre intelligent qui dirige le surplus de production vers les équipements les plus pertinents.
Détection et mesure de la production excédentaire par le capteur de puissance
Le processus débute par une phase de mesure continue grâce à un capteur de puissance installé sur votre réseau électrique domestique. Ce capteur, généralement sous forme de tore magnétique ou de pince ampèremétrique, enregistre instantanément la différence entre la production photovoltaïque et la consommation globale du foyer. Lorsque vos panneaux solaires génèrent plus d’électricité que vous n’en consommez, le routeur détecte ce surplus avec une précision de l’ordre de 10 à 50 watts selon les modèles. Cette granularité de mesure s’avère cruciale pour exploiter même les plus faibles excédents, particulièrement lors des journées partiellement nuageuses où chaque watt compte pour optimiser votre autonomie énergétique.
Les technologies de mesure actuelles permettent une fréquence d’échantillonnage pouvant atteindre plusieurs dizaines de fois par seconde. Cette réactivité garantit que votre pompe à chaleur soit alimentée prioritairement par l’énergie solaire disponible, minimisant ainsi les appels au réseau électrique externe. Selon les données du marché, une installation correctement dimensionnée peut réduire de 40 à 60% la consommation électrique réseau d’une pompe à chaleur durant la saison de chauffe.
Régulation par modulation de phase angle ou train d’ondes pour optimiser l’autoconsommation
Une fois le surplus détecté, le routeur solaire utilise des techniques de modulation électronique sophistiquées pour ajuster la puissance transmise à votre pompe à chaleur. Les deux principales technologies employées sont la modulation par angle de phase (phase angle control) et la modulation par train d’ondes (burst firing). La première découpe finement chaque alternance du signal électrique pour délivrer exactement la puissance disponible, tandis que la seconde alterne des cycles complets de mise sous tension et hors tension à haute fréquence.
Cette régulation progressive présente un avantage déterminant : elle permet d’adapter instantanément la consommation de la pompe à chal
àleur à la puissance réellement produite par vos panneaux photovoltaïques. En pratique, cela limite les appels de puissance intempestifs sur le réseau, réduit les cycles marche/arrêt de la PAC et améliore sa longévité. C’est un peu comme un variateur de lumière : au lieu d’allumer ou d’éteindre brutalement, le routeur ajuste en douceur le “volume” d’énergie envoyé à la pompe à chaleur.
Sur les pompes à chaleur inverter, dont le compresseur adapte déjà sa vitesse en fonction des besoins thermiques, cette modulation fine permet une synergie particulièrement intéressante. Le routeur solaire fournit un “plafond” de puissance correspondant au surplus solaire, et l’électronique de la PAC se charge d’ajuster son régime de fonctionnement à l’intérieur de cette enveloppe. Résultat : un fonctionnement plus stable, moins de pointes de consommation, et un meilleur taux d’autoconsommation de votre production photovoltaïque.
Interface de communication entre onduleur photovoltaïque et PAC air-eau ou air-air
Pour aller plus loin qu’un simple pilotage par mesure de courant, certains routeurs solaires intègrent une interface de communication directe avec l’onduleur photovoltaïque et la pompe à chaleur. Cette interface peut prendre la forme d’un bus de communication (Modbus, CAN, RS485) ou d’un protocole propriétaire fourni par les grands fabricants comme Fronius, SolarEdge ou SMA. L’intérêt ? Disposer d’informations précises sur la puissance instantanée injectée, l’état de charge éventuelle d’une batterie et les consignes de limitation de puissance réseau.
Du côté de la PAC air-eau ou air-air, le routeur peut dialoguer via des entrées de type contact sec, des bornes “Smart Grid Ready” ou des modules de passerelle (gateway) proposés par les marques de pompes à chaleur. Vous pouvez par exemple envoyer à votre PAC une consigne de température d’eau majorée (mode “boost solaire”) lorsqu’un fort surplus photovoltaïque est disponible, ou au contraire abaisser la consigne en cas de faible production. De cette façon, le routeur ne se contente plus de mesurer : il devient un véritable gestionnaire d’énergie thermique.
Dans les configurations les plus avancées, l’ensemble forme un petit Home Energy Management System (HEMS) : l’onduleur fournit en temps réel la courbe de production, le routeur agrège ces données avec celles du compteur et de la PAC, puis décide de lancer ou non des cycles de chauffage, de dégivrage ou de production d’eau chaude sanitaire. Vous gagnez ainsi en précision de pilotage et vous évitez de faire fonctionner la pompe à chaleur aux heures où l’électricité du réseau est la plus chère.
Gestion du surplus énergétique par délestage intelligent et priorisation des charges
Au-delà de la seule pompe à chaleur, un routeur solaire moderne peut gérer plusieurs charges électriques en parallèle. Il met alors en œuvre un délestage intelligent : il hiérarchise les usages en fonction de priorités définies (chauffage, eau chaude, piscine, borne de recharge, etc.) et des quantités de surplus disponibles. Par exemple, la PAC peut être définie comme charge prioritaire en hiver, tandis qu’un ballon d’eau chaude ou une pompe de piscine sera priorisée en été.
Le principe est simple : tant que le surplus photovoltaïque est suffisant, le routeur maintient alimentées les charges prioritaires. Dès qu’un déficit se profile (nuage, démarrage d’un four électrique, etc.), il coupe ou réduit d’abord les charges secondaires pour préserver la stabilité de l’installation et éviter tout dépassement de puissance souscrite. C’est un peu comme gérer un budget : si les revenus baissent, on commence par réduire les dépenses les moins essentielles pour conserver l’essentiel du confort thermique.
Cette logique de délestage séquentiel permet de tirer le meilleur parti de votre pompe à chaleur et de vos autres équipements sans jamais dépasser la capacité de votre compteur. Dans un contexte de hausse des prix de l’électricité et de généralisation des compteurs communicants, cette priorisation fine des charges est un levier majeur pour contenir la facture énergétique tout en maximisant l’usage de l’énergie solaire produite sur place.
Architecture électrique et raccordement du routeur solaire au système thermodynamique
L’efficacité d’un routeur solaire pour pompe à chaleur repose en grande partie sur une architecture électrique bien pensée. Le schéma de câblage, le choix entre monophasé et triphasé, l’emplacement du tore de mesure ou encore la qualité des protections différentielles influencent directement la fiabilité du système. Avant de se lancer, il est donc essentiel de comprendre comment le routeur s’intègre dans la chaîne électrique entre les panneaux photovoltaïques, l’onduleur, le compteur Linky et la pompe à chaleur.
Câblage triphasé versus monophasé selon la puissance de la pompe à chaleur
La première question à se poser concerne la nature de votre alimentation électrique : votre logement est-il raccordé en monophasé ou en triphasé ? La majorité des petites pompes à chaleur résidentielles (PAC air-air ou petites PAC air-eau jusqu’à 8–10 kW thermiques) fonctionnent en monophasé. Dans ce cas, le routeur solaire surveille et pilote une unique phase, ce qui simplifie le câblage et le paramétrage. La pince ampèremétrique se place sur la phase principale, et l’ensemble des flux (production PV, consommation foyer, PAC) y sont mesurés.
Pour les PAC de puissance plus élevée, souvent supérieures à 11–12 kW thermiques, ou pour des maisons de grande surface, l’alimentation triphasée est fréquente. La pompe à chaleur est alors alimentée en triphasé, tout comme l’onduleur photovoltaïque. Le routeur solaire doit être compatible triphasé et capable de mesurer et d’équilibrer les flux sur les trois phases. Certains modèles utilisent trois tores de mesure indépendants, d’autres s’appuient sur les informations d’un compteur d’énergie triphasé connecté en Modbus.
Dans une configuration triphasée, l’enjeu est d’éviter les déséquilibres de phase qui pourraient entraîner des déclenchements de disjoncteurs ou une usure prématurée de la PAC. Un routeur adapté répartit intelligemment le surplus solaire sur les phases où la demande est la plus forte, ou bien pilote des charges spécifiques par phase (par exemple PAC sur L1–L2–L3, ballon d’eau chaude sur L1, etc.). Vous l’aurez compris : choisir un routeur solaire compatible avec la topologie de votre réseau est un prérequis absolu.
Installation du tore de mesure sur le compteur linky ou tableau électrique principal
Le point névralgique du routeur solaire est la mesure du flux d’énergie à l’interface entre votre installation et le réseau public. Dans la plupart des cas, un tore de mesure (pince ampèremétrique) est installé sur le conducteur de phase situé entre le compteur Linky et le tableau électrique principal. Ce positionnement permet de mesurer à la fois l’énergie soutirée (import) et l’énergie injectée (export) vers le réseau, condition indispensable pour détecter le surplus photovoltaïque.
Pourquoi ne pas se contenter des données affichées par le Linky ? Parce que ce compteur communique principalement en puissance apparente (VA) et non en puissance active (W), ce qui n’est pas suffisant pour piloter avec précision une pompe à chaleur. Le tore de mesure utilisé par le routeur capte directement le courant réel, et l’électronique interne calcule la puissance active en tenant compte de la tension mesurée. Vous obtenez ainsi une vision instantanée et fiable des échanges d’énergie.
Selon la configuration de votre tableau, le tore peut être installé dans le coffret principal, dans un coffret additionnel à proximité du compteur, voire dans un sous-tableau dédié à la gestion énergétique. Dans tous les cas, il convient de respecter scrupuleusement le sens de pose indiqué par le fabricant (flèche vers le réseau ou vers le logement) afin que le routeur puisse distinguer correctement l’injection du soutirage. Une inversion de sens fausserait totalement l’analyse des flux et rendrait le pilotage de la PAC inopérant.
Compatibilité avec les onduleurs fronius, SolarEdge, huawei et systèmes micro-onduleurs enphase
La bonne intégration d’un routeur solaire pour pompe à chaleur dépend également de sa compatibilité avec les principaux onduleurs du marché. Les onduleurs Fronius, SolarEdge, Huawei ou SMA, ainsi que les systèmes à micro-onduleurs comme Enphase, disposent souvent de ports de communication (Modbus TCP/RTU, SunSpec, API propriétaire) que les routeurs avancés peuvent exploiter. Cela permet d’accéder à des données plus fines que la simple mesure sur le compteur : puissance DC, puissance AC, état de fonctionnement, consigne de limitation, etc.
Avec un onduleur Fronius par exemple, certains routeurs se connectent directement au bus Modbus TCP de l’interface Datamanager, ce qui simplifie l’installation et évite l’ajout d’un compteur supplémentaire. Du côté de SolarEdge ou Huawei, l’échange de données peut se faire via une passerelle LAN/WiFi ou via le cloud, permettant au routeur de récupérer la production PV instantanée pour anticiper le pilotage de la pompe à chaleur. Les micro-onduleurs Enphase, quant à eux, sont souvent couplés à un Envoy Metered qui fournit déjà les flux import/export ; un routeur compatible peut alors simplement “lire” ces informations.
Cette compatibilité native présente un double avantage : d’une part, elle réduit le nombre de capteurs à installer dans le tableau électrique ; d’autre part, elle améliore la précision du pilotage, puisqu’on dispose d’une image détaillée de la production et de la consommation. Avant de choisir votre routeur solaire, prenez donc le temps de vérifier dans la documentation fabricant s’il est explicitement annoncé comme compatible avec votre modèle d’onduleur ou de micro-onduleurs. Cela vous évitera bien des surprises lors de la mise en service.
Protection électrique par disjoncteur différentiel et conformité NF C 15-100
Comme tout équipement connecté à votre installation électrique, le routeur solaire couplé à une pompe à chaleur doit respecter les règles de sécurité en vigueur, en particulier la norme NF C 15-100. Concrètement, cela signifie qu’il doit être installé derrière une protection adéquate : disjoncteur divisionnaire adapté à son courant nominal, protection différentielle 30 mA de type AC ou A selon les recommandations du fabricant, et section de câbles conforme à la puissance maximale commutée.
La PAC elle-même est généralement alimentée par un circuit dédié, protégé par un disjoncteur différentiel spécifique. Le routeur ne vient pas “court-circuiter” ces protections mais s’insère dans la chaîne de commande (via relais, contacteurs, SSR ou entrée Smart Grid). En cas de défaut d’isolement ou de surintensité, ce sont toujours les protections du tableau qui interviennent en premier, garantissant la sécurité des personnes et des biens. C’est pourquoi il est vivement conseillé de faire valider le schéma de raccordement par un électricien qualifié, voire par l’installateur de la pompe à chaleur.
Respecter la NF C 15-100, c’est aussi veiller à la bonne ségrégation des circuits, au repérage clair des conducteurs, au respect des indices de protection (IP) des coffrets, et à la compatibilité électromagnétique des équipements. Un routeur solaire mal câblé peut générer des parasites ou des perturbations sur la ligne qui impacteront l’électronique de l’onduleur ou de la PAC. En suivant les préconisations des fabricants et les règles de l’art, vous vous assurez un fonctionnement durable et sécurisé de votre système thermodynamique solaire.
Technologies de routage solaire adaptées aux pompes à chaleur résidentielles
Toutes les technologies de routeurs solaires ne se valent pas lorsqu’il s’agit de piloter une pompe à chaleur. Certaines sont historiquement conçues pour des charges purement résistives (ballons d’eau chaude, radiateurs électriques), alors que la PAC est un équipement dynamique, doté d’électronique de puissance et d’un compresseur inverter. Pour un couplage réussi, il est donc nécessaire de s’orienter vers des solutions capables de dialoguer avec la régulation de la PAC, ou au minimum de respecter ses contraintes de fonctionnement (intensité de démarrage, temps minimum de marche, etc.).
Routeurs thyristors MyLight systems et Solar-Log pour PAC atlantic alfea ou daikin altherma
Les routeurs à base de thyristors ou triacs, tels que certaines solutions proposées par MyLight Systems ou Solar-Log, sont particulièrement efficaces pour le pilotage d’appareils à forte inertie comme les planchers chauffants ou les ballons tampons associés à des PAC Atlantic Alfea ou Daikin Altherma. Grâce à la modulation par angle de phase ou train d’ondes, ils peuvent ajuster très finement la puissance active envoyée à un circuit de chauffage électrique d’appoint ou à une résistance d’appoint intégrée à la PAC (par exemple la résistance de secours dans un module hydraulique).
Dans ce schéma, l’idée n’est pas de moduler directement le compresseur de la pompe à chaleur mais de maximiser l’utilisation de l’appoint électrique lorsqu’un surplus photovoltaïque est disponible. Cela permet de soulager le compresseur par temps très froid, d’augmenter la température de consigne dans un ballon tampon ou un ballon d’ECS et, in fine, d’améliorer le confort sans surcoût d’énergie. Les PAC modernes de type Atlantic Alfea Excellia ou Daikin Altherma disposent souvent d’entrées spécifiques pour ces résistances d’appoint, ce qui facilite l’intégration du routeur.
Les fabricants de gestionnaires d’énergie comme MyLight Systems ou Solar-Log vont encore plus loin en proposant une supervision globale : le routeur communique avec la PAC via une interface dédiée et peut, par exemple, forcer un mode “confort” en journée en présence de soleil, puis laisser la régulation interne gérer le reste du temps. C’est une approche particulièrement intéressante pour les maisons très bien isolées, où l’on cherche à “préchauffer” l’enveloppe thermique pendant les heures de production photovoltaïque.
Systèmes à relais statiques SSR pour commande ON/OFF des compresseurs inverter
Pour certains usages spécifiques, les systèmes à relais statiques (SSR) peuvent être utilisés pour réaliser une commande ON/OFF de la pompe à chaleur ou de certains de ses composants. Un relais statique présente l’avantage de commuter rapidement et sans usure mécanique, ce qui le rend adapté aux cycles fréquents imposés par un pilotage solaire. Cependant, il faut rester prudent : les compresseurs inverter n’apprécient pas les coupures brutales et répétées de l’alimentation, qui peuvent générer des défauts ou réduire la durée de vie du matériel.
Dans la plupart des cas, le SSR sera utilisé non pas sur l’alimentation principale de la PAC, mais sur une entrée de commande dédiée fournie par le fabricant (entrée “contact sec”, “blocage chauffage”, “Smart Grid”, etc.). Le routeur vient alors simplement “autoriser” ou “interdire” le fonctionnement de la PAC en fonction du niveau de surplus solaire détecté. Cela permet de privilégier les phases de chauffe lorsque la production photovoltaïque est suffisante, tout en laissant à la régulation interne de la PAC la charge d’assurer les sécurités et les temps minimums de marche.
Cette approche, plus respectueuse de l’électronique interne du compresseur, est à privilégier dès que l’on souhaite interfacer un routeur solaire avec une PAC inverter. Avant toute mise en œuvre, il est indispensable de consulter la notice technique de la pompe à chaleur et, si besoin, de s’appuyer sur l’expertise d’un installateur agréé par la marque. Une mauvaise utilisation des SSR en coupure directe pourrait, à terme, annuler la garantie constructeur.
Solutions WiFi connectées imeon et SMA sunny home manager avec pilotage dynamique
Les solutions connectées de type Imeon OS One ou SMA Sunny Home Manager représentent une nouvelle génération de gestionnaires d’énergie, parfaitement adaptées aux pompes à chaleur résidentielles. Elles combinent routeur solaire, supervision de la production photovoltaïque, prise en compte des prévisions météo et parfois même optimisation tarifaire (heures pleines/heures creuses, offres dynamiques). La communication se fait principalement en WiFi ou Ethernet, ce qui simplifie l’intégration dans un environnement domotique existant.
Concrètement, ces systèmes peuvent envoyer à la PAC des consignes de température ou des ordres de fonctionnement via des modules radio, des relais IP ou des interfaces Smart Grid Ready. Vous pouvez, par exemple, programmer un mode “surplus solaire” qui autorise la PAC à monter la température de la maison ou du ballon d’eau chaude de quelques degrés dès que la production dépasse un certain seuil. À l’inverse, en période de faible ensoleillement, le gestionnaire se contentera de maintenir la température minimale de confort en limitant les appels de puissance.
Le pilotage dynamique offre un autre avantage : il tient compte de vos habitudes de vie et du comportement réel de votre logement (inertie thermique, isolation, exposition). Grâce à des algorithmes d’apprentissage, le système sait que vous rentrez à 18 h, que la maison a besoin d’une heure pour remonter en température, et que la journée s’annonce ensoleillée. Il anticipe alors en lançant la PAC plus tôt, lorsque l’électricité solaire est abondante, pour éviter de trop solliciter le réseau en début de soirée. C’est une façon concrète de transformer votre installation en véritable maison intelligente à haute performance énergétique.
Optimisation du coefficient de performance saisonnier par injection solaire directe
L’un des principaux atouts du couplage routeur solaire / pompe à chaleur réside dans l’amélioration du coefficient de performance saisonnier (SCOP). En alimentant la PAC avec une électricité à très faible coût marginal – voire gratuite lorsque l’on considère le surplus photovoltaïque – on réduit fortement le coût du kWh de chaleur produit. Même si le COP instantané de la pompe à chaleur ne change pas mécaniquement, le “COP économique” de l’ensemble du système, lui, augmente sensiblement.
Comment cela se traduit-il concrètement ? Imaginons une PAC avec un COP moyen de 3 sur la saison de chauffe : pour 1 kWh électrique consommé, elle fournit 3 kWh de chaleur. Si ce kWh électrique est acheté au réseau à 0,25 €/kWh, le coût du kWh de chaleur est d’environ 0,083 €. Si, grâce au routeur solaire, la moitié de l’électricité consommée par la PAC provient du surplus photovoltaïque, le coût moyen pondéré de l’électricité baisse, et avec lui le coût du kWh de chaleur. Sur l’année, la différence peut représenter plusieurs centaines d’euros d’économies pour un foyer chauffé intégralement par PAC.
L’injection solaire directe dans la pompe à chaleur permet également d’optimiser son fonctionnement en la faisant tourner davantage en journée, lorsque les températures extérieures sont généralement plus douces qu’en soirée ou la nuit. Or, une PAC offre un COP meilleur lorsque l’écart de température entre la source froide (air extérieur) et la source chaude (eau de chauffage) est réduit. En pilotant intelligemment les plages de chauffe sur les créneaux ensoleillés, vous améliorez donc à la fois l’autoconsommation photovoltaïque et le rendement intrinsèque de la pompe à chaleur.
Enfin, en période intermédiaire (mi-saison), il est possible de profiter de ces apports solaires pour réaliser du “pré-chauffage” de l’habitation ou du ballon d’ECS, puis de couper la PAC plus tôt dans la soirée. Votre logement agit alors comme une “batterie thermique”, stockant sous forme de chaleur une partie de l’énergie produite en excès dans la journée. Cette approche est particulièrement pertinente dans les maisons bien isolées et dotées d’une bonne inertie thermique (murs lourds, planchers chauffants, etc.).
Paramétrage et calibration du routeur selon le COP et la puissance électrique absorbée
Pour tirer pleinement parti du routeur solaire avec une pompe à chaleur, un paramétrage soigneux s’impose. L’objectif est de calibrer les seuils de déclenchement, les priorités de charges et les consignes thermiques en fonction du COP de la PAC, de sa puissance électrique absorbée et de la puissance crête de l’installation photovoltaïque. Un mauvais réglage peut conduire à l’effet inverse de celui recherché : démarrages trop fréquents, surconsommation ou inconfort thermique.
Première étape : identifier la puissance électrique moyenne consommée par la PAC en différents régimes de fonctionnement (chauffage, ECS, dégivrage). Ces informations figurent généralement dans la documentation technique (intensité nominale, puissance absorbée) et peuvent être affinées par des mesures réelles sur quelques jours. Vous saurez ainsi, par exemple, que votre PAC air-eau consomme typiquement 1,8 kW en régime stabilisé pour fournir 6 kW de chaleur (COP ≈ 3,3). Le routeur pourra alors être paramétré pour ne lancer la PAC en mode “surplus” que lorsque la production PV dépasse ce seuil de manière durable.
Deuxième étape : définir des marges de sécurité et des temps minimums de marche/arrêt. Il est déconseillé de déclencher la PAC au moindre pic de production de quelques minutes, au risque de multiplier les cycles courts. La plupart des routeurs permettent d’introduire un délai de validation (par exemple 5 à 10 minutes de surplus continu avant de lancer un cycle de chauffage) et un seuil de puissance minimal (par exemple 70 % de la puissance nominale de la PAC). De même, il est judicieux de prévoir un temps minimum de fonctionnement (15 à 30 minutes) pour chaque cycle, en cohérence avec les recommandations du fabricant.
Enfin, l’ajustement des consignes de température joue un rôle clé. En mode “soleil abondant”, vous pouvez autoriser un léger surchauffe de l’habitation ou de l’eau chaude (par exemple +1 à +2 °C par rapport à la consigne de base), tandis qu’en mode “peu ou pas de surplus” vous reviendrez à une consigne éco. Certains routeurs ou gestionnaires d’énergie proposent des profils prédéfinis (“confort solaire”, “éco réseau”, “vacances”) que vous pouvez adapter à vos habitudes. N’hésitez pas à effectuer quelques essais sur une ou deux saisons de chauffe : comme pour régler la carburation d’un moteur, un peu de temps d’observation permet de trouver le réglage le plus performant pour votre contexte.
Retour sur investissement et économies réalisées sur la facture énergétique annuelle
La question qui revient souvent est la suivante : un routeur solaire pour pompe à chaleur est-il vraiment rentable ? La réponse dépend de plusieurs paramètres : puissance de l’installation photovoltaïque, taille de la PAC, niveau d’occupation du logement, climat local et structure tarifaire de votre contrat d’électricité. Toutefois, les retours d’expérience montrent qu’un système bien dimensionné et correctement paramétré permet généralement de réduire de 30 à 60 % la part de consommation réseau de la PAC sur l’année.
Si l’on considère une maison chauffée par une pompe à chaleur consommant 5 000 kWh/an d’électricité, et un prix moyen du kWh à 0,25 €, la facture annuelle dédiée au chauffage s’élève à 1 250 €. En supposant qu’un routeur solaire, associé à une installation photovoltaïque de 6 kWc, permette de couvrir 40 % de cette consommation par du surplus solaire, l’économie potentielle approche 500 € par an. Pour un investissement dans un routeur et son installation compris entre 600 et 1 500 € selon la complexité (triphasé, intégration domotique, etc.), le retour sur investissement se situe typiquement entre 2 et 4 ans.
Au-delà des économies directes sur la facture énergétique annuelle, il faut aussi prendre en compte les bénéfices indirects : réduction des pointes de puissance (et donc possibilité éventuelle de réduire la puissance souscrite), meilleure longévité de la PAC grâce à un fonctionnement plus stable, valorisation du bien immobilier par la présence d’une gestion énergétique avancée. Dans un contexte de hausse durable des prix de l’électricité et de généralisation de la pompe à chaleur, ces gains deviennent d’autant plus intéressants.
Enfin, n’oublions pas l’aspect environnemental : chaque kWh de chaleur produit à partir de votre propre électricité solaire plutôt que d’un kWh réseau contribue à réduire les émissions de CO₂ associées à votre chauffage. En couplant intelligemment routeur solaire et pompe à chaleur, vous faites un pas de plus vers l’autonomie énergétique et un habitat réellement bas-carbone, sans sacrifier votre confort. Pour beaucoup de propriétaires, c’est ce double bénéfice – économique et écologique – qui fait du routeur solaire pour PAC un choix particulièrement pertinent à moyen et long terme.