Comment savoir si mon chauffe-eau solaire fonctionne correctement ?

# Comment savoir si mon chauffe-eau solaire fonctionne correctement ?

L’installation d’un chauffe-eau solaire individuel (CESI) représente un investissement significatif pour produire de l’eau chaude sanitaire de manière écologique et économique. Avec une capacité de couvrir entre 50 et 80% des besoins annuels en eau chaude d’un foyer, ce système exploite une énergie gratuite et inépuisable : le rayonnement solaire. Pourtant, même les installations les plus performantes peuvent connaître des baisses de rendement ou des dysfonctionnements qui passent inaperçus pendant plusieurs mois. Un chauffe-eau solaire bien entretenu peut durer plus de 30 ans, mais encore faut-il savoir détecter rapidement les anomalies qui compromettent ses performances. La surveillance régulière de votre installation thermique solaire vous permettra non seulement d’optimiser votre production d’eau chaude, mais également d’éviter des réparations coûteuses liées à une défaillance non détectée.

Les indicateurs visuels de performance du système solaire thermique

Le tableau de contrôle de votre chauffe-eau solaire constitue votre première source d’information sur l’état de fonctionnement du système. Cette interface centralise l’ensemble des données essentielles et vous permet d’identifier rapidement une anomalie. Les régulateurs modernes affichent en temps réel les températures des capteurs, du ballon, ainsi que l’état de fonctionnement du circulateur. Une inspection visuelle hebdomadaire de ces paramètres vous familiarisera avec les valeurs normales de votre installation et facilitera la détection des écarts.

Vérification du manomètre et de la pression du circuit de glycol

La pression du circuit primaire, celui qui contient le fluide caloporteur, doit généralement se situer entre 1 et 2,5 bars selon les installations. Un manomètre intégré au système vous permet de surveiller cette valeur critique. Une pression inférieure à 1 bar peut indiquer une fuite dans le circuit ou un besoin de purge, tandis qu’une pression excessive signale potentiellement un défaut du vase d’expansion. Vous devriez vérifier cette pression au moins une fois par trimestre, de préférence le matin lorsque le système est encore froid. Une baisse progressive de la pression sur plusieurs semaines constitue un signal d’alerte nécessitant l’intervention d’un professionnel qualifié RGE QualiSol.

Analyse de la température affichée sur le régulateur différentiel

Le régulateur différentiel compare en permanence la température des capteurs solaires avec celle du ballon de stockage. Par temps ensoleillé, vous devriez observer une température des capteurs significativement supérieure à celle du ballon, généralement de 10 à 30°C de différence selon l’intensité du rayonnement. Si votre régulateur affiche des températures aberrantes, comme 150°C alors que le ciel est nuageux, ou des valeurs qui fluctuent de manière erratique, cela suggère probablement un dysfonctionnement des sondes de température. La cohérence des données affichées représente un excellent indicateur de santé du système. Notez ces valeurs dans un carnet d’entretien pour établir des références saisonnières.

Contrôle visuel du fluide caloporteur dans le vase d’expansion

Le vase d’expansion, visible sur la plupart des installations, contient une réserve de fluide caloporteur permettant de compenser les variations de volume liées aux changements de température. Un contrôle visuel du niveau et de l’aspect du fluide s’impose tous les six mois. Le liquide doit conserver une couleur homogène, généralement rose ou rouge selon la

fabricant, et rester limpide. Un fluide caloporteur devenu brun, opaque, avec des particules en suspension ou une odeur de brûlé est souvent le signe d’une dégradation par surchauffe. De même, un niveau anormalement bas dans le vase ou des traces grasses autour des raccords peuvent révéler une microfuite. En cas de doute sur l’état du fluide, évitez de compléter vous‑même avec de l’eau du robinet : vous risqueriez de déséquilibrer le mélange eau/glycol et d’augmenter la corrosion. Faites plutôt contrôler la qualité du fluide caloporteur par un professionnel, surtout si votre chauffe‑eau solaire a plus de 5 ans.

État des voyants LED du contrôleur solaire

Les contrôleurs solaires modernes (Sorel, Steca, Resol, etc.) disposent de voyants LED qui indiquent en un coup d’œil le fonctionnement du système. Un voyant vert fixe signifie en général que le régulateur est alimenté et fonctionne normalement, tandis qu’un voyant clignotant indique la mise en marche du circulateur. À l’inverse, un voyant rouge ou orange, fixe ou clignotant, signale un défaut : sonde coupée, surchauffe, manque de fluide ou problème de pression. Prenez le temps de consulter la notice de votre régulateur différentiel pour comprendre la signification précise de chaque LED. Vous pourrez ainsi associer rapidement un comportement inhabituel des voyants à un début de dysfonctionnement de votre chauffe‑eau solaire.

Les tests de température et de rendement thermique

Au‑delà des simples indicateurs visuels, certains tests de température vous permettent de vérifier finement le rendement thermique de votre chauffe‑eau solaire. Ces contrôles ne nécessitent que peu de matériel (un thermomètre de contact ou de surface suffit souvent) et peuvent être réalisés par tout particulier un minimum bricoleur. L’objectif est de comparer ce que vous observez sur le régulateur à la réalité mesurée sur les tuyauteries et sur le ballon d’eau chaude. En répétant ces mesures à différentes saisons, vous disposerez d’une base de référence fiable pour juger si votre système solaire thermique fonctionne correctement.

Mesure du delta T entre capteurs et ballon de stockage

Le paramètre clé d’un chauffe‑eau solaire bien dimensionné est le delta T, c’est‑à‑dire l’écart de température entre les capteurs et le bas du ballon. Par temps ensoleillé, lorsque le circulateur est en marche, cet écart se situe en général entre 8 et 15 °C. En dessous de 5 °C, le rendement de l’échange devient faible et le système consomme inutilement de l’électricité pour faire tourner la pompe. Au‑delà de 20 °C, cela peut indiquer un problème de circulation (bulle d’air, filtre colmaté, pompe sous‑dimensionnée).

Pour vérifier ce delta T, relevez sur le régulateur la température de la sonde capteurs (Tcapteur) et celle de la sonde bas de ballon (Tballon bas) en milieu de journée, en plein soleil. Vous pouvez compléter avec un thermomètre de contact posé sur les tuyaux aller/retour au niveau du ballon pour croiser les données. Si vous constatez régulièrement un delta T anormal (trop faible ou trop élevé) sur plusieurs jours consécutifs, le rendement thermique de votre chauffe‑eau solaire est probablement dégradé et un diagnostic professionnel s’impose.

Vérification de la température de stagnation des panneaux solaires

La température de stagnation correspond à la température atteinte par les capteurs solaires lorsque le circulateur est à l’arrêt et qu’aucune chaleur n’est extraite vers le ballon. En été, une installation correcte peut voir ses capteurs atteindre 150 °C, voire davantage, sans dommage, à condition que le fluide caloporteur et les composants soient adaptés. Cependant, si cette situation se produit trop souvent, le glycol se dégrade plus vite, ce qui réduit la durée de vie du chauffe‑eau solaire.

Pour contrôler ce point, choisissez une journée très ensoleillée, ballon déjà chaud et appoint coupé. Laissez le système se mettre en sécurité (circulateur arrêté par le régulateur) et observez la montée en température sur l’afficheur du contrôleur. Une température de stagnation beaucoup plus basse que celle annoncée par le fabricant (par exemple 80 °C au lieu de 140 °C) peut traduire un capteur encrassé, une vitre endommagée ou un problème d’isolation. À l’inverse, des stagnations très fréquentes à plus de 160 °C risquent de « cuire » le fluide et d’encrasser l’échangeur ; dans ce cas, il peut être judicieux de revoir le dimensionnement ou la stratégie de régulation avec votre installateur.

Contrôle de la stratification thermique du ballon d’eau chaude sanitaire

Un ballon solaire bien conçu présente une stratification thermique marquée : l’eau la plus chaude reste en haut, disponible immédiatement aux points de soutirage, tandis que l’eau plus froide se situe en bas, au niveau de l’échangeur solaire. Cette stratification permet d’optimiser la production d’eau chaude tout en maximisant la surface d’échange avec le fluide caloporteur. Lorsque la stratification est mauvaise (mélange complet de l’eau dans le ballon), le rendement du chauffe‑eau solaire chute et la sensation de confort peut être altérée.

Pour vérifier la stratification, comparez les températures indiquées par les différentes sondes du ballon (haut, milieu, bas) sur votre régulateur différentiel. Vous devriez constater un gradient régulier, avec souvent 10 à 20 °C d’écart entre le bas et le haut du ballon en phase de charge solaire. Vous pouvez également mesurer la température de l’eau chaude au robinet et la comparer à celle affichée en haut du ballon. Si toutes les températures sont quasiment identiques ou si les mesures varient de manière erratique après un tirage, cela peut indiquer un problème de circulation interne, une sonde mal positionnée ou une mauvaise conception hydraulique.

Calcul du coefficient de performance énergétique instantané

Sans aller jusqu’aux simulations de laboratoire, vous pouvez estimer le rendement instantané de votre chauffe‑eau solaire pour savoir s’il exploite correctement le rayonnement disponible. Concrètement, il s’agit de comparer la quantité de chaleur réellement transférée à l’eau chaude sanitaire à l’énergie solaire reçue par les capteurs sur une période courte (par exemple une heure). En pratique, un particulier se contentera d’une estimation simplifiée, suffisante pour repérer une dérive importante.

Surveiller la montée en température du ballon sur une journée bien ensoleillée est déjà très parlant : par exemple, un ballon de 300 L qui passe de 20 à 55 °C entre 10 h et 17 h indique que le système fonctionne correctement. À l’inverse, si la température du ballon peine à gagner 5 à 10 °C alors que le soleil est au rendez‑vous, le coefficient de performance instantané de votre chauffe‑eau solaire est probablement faible (encrassement, capteurs ombragés, circulateur défaillant…). En notant vos observations dans un carnet, vous pourrez comparer d’une année sur l’autre et décider à quel moment faire intervenir un technicien pour restaurer les performances initiales.

Diagnostic du circulateur et du circuit hydraulique

Le circulateur est le « cœur battant » de votre système solaire thermique : sans lui, le fluide caloporteur ne circule plus entre les capteurs et le ballon, et votre chauffe‑eau solaire cesse tout simplement de produire de l’eau chaude. Un diagnostic régulier de la pompe de circulation et du circuit hydraulique est donc indispensable pour garantir la fiabilité de l’installation. Bruits anormaux, vibrations, température excessive des tuyaux ou désamorçage du circuit sont autant de signaux à ne pas ignorer.

Test de fonctionnement de la pompe de circulation grundfos ou wilo

La majorité des chauffe‑eaux solaires individuels sont équipés de circulateurs de marques reconnues comme Grundfos ou Wilo. Pour vérifier leur bon fonctionnement, commencez par observer l’icône ou le voyant de pompe sur le régulateur : en présence de soleil et avec un delta T suffisant entre capteur et ballon, le contrôleur doit commander la mise en marche du circulateur. Vous devez alors entendre un léger ronronnement et sentir une différence de température entre le tuyau aller (chaud) et le tuyau retour (plus tiède) au niveau du groupe hydraulique.

Si l’icône indique que la pompe est en marche mais que vous n’entendez aucun bruit ou ne sentez aucune circulation de chaleur, le circulateur peut être bloqué (rotor grippé après une longue période d’arrêt, par exemple). Dans certains cas, un simple déblocage manuel par un professionnel suffit. Une pompe brûlante au toucher ou qui se met fréquemment en sécurité thermique révèle quant à elle un effort anormal, souvent dû à un circuit partiellement obstrué ou à des bulles d’air. Dans tous les cas, n’insistez pas : coupez l’alimentation du circulateur et faites vérifier votre chauffe‑eau solaire par un technicien qualifié.

Détection des bulles d’air dans le circuit primaire

La présence d’air dans le circuit primaire est un problème fréquent, surtout après un remplissage ou une intervention sur l’installation. Les bulles d’air nuisent à la circulation du fluide caloporteur, provoquent des bruits de glouglou dans les tuyaux et peuvent même entraîner l’arrêt complet du transfert de chaleur. Sur un chauffe‑eau solaire, un circuit partiellement désamorcé se traduit souvent par des capteurs très chauds et un ballon qui ne monte plus en température.

Vous pouvez suspecter la présence d’air si vous entendez des bruits de bulles dans le groupe hydraulique ou si la température des capteurs monte très rapidement sur le régulateur, sans que le bas du ballon ne suive. Un contrôle au niveau des purgeurs automatiques (souvent situés au point haut de l’installation) permet parfois d’évacuer ces bulles résiduelles. Attention toutefois : la purge et le remplissage d’un circuit solaire sont des opérations délicates, qui nécessitent une station de remplissage adaptée et un savoir‑faire spécifique. En cas de problème récurrent de désamorçage, mieux vaut faire appel à un professionnel pour éviter d’endommager le circulateur ou le vase d’expansion.

Vérification de l’étanchéité des raccords et des vannes d’isolement

Un circuit solaire thermique doit être parfaitement étanche pour garantir un fonctionnement durable. La moindre fuite, même très faible, peut entraîner une baisse progressive de la pression, une entrée d’air dans le circuit et, à terme, une panne de votre chauffe‑eau solaire. Les points sensibles se situent au niveau des raccords à visser, des brides, des presse‑étoupes de circulateurs et des vannes d’isolement du groupe de sécurité.

Inspectez visuellement l’ensemble des raccords accessibles en recherchant des traces de liquide, des dépôts blancs (cristallisation) ou des taches de corrosion verdâtres sur les tuyauteries cuivre. Passez régulièrement un chiffon sec sur les points sensibles : s’il ressort humide ou gras, une fuite lente est probable. Couplé à une baisse régulière de la pression au manomètre, ce constat doit vous alerter. Dans ce cas, ne serrez pas vous‑même les raccords au hasard : une surpression locale pourrait aggraver le problème. Préférez l’intervention d’un installateur RGE QualiSol ou QualiBat 5143, habitué à ce type de diagnostic.

Analyse du régulateur différentiel et des sondes de température

Le régulateur différentiel est le « cerveau » de votre chauffe‑eau solaire individuel. C’est lui qui décide quand démarrer ou arrêter le circulateur en fonction des températures mesurées par les sondes. Un réglage inadapté ou une sonde défectueuse peut suffire à faire chuter drastiquement la production d’eau chaude, sans que les capteurs ou le ballon ne soient en cause. Prendre le temps d’analyser le comportement du régulateur et de vérifier la justesse des sondes est donc essentiel pour s’assurer du bon fonctionnement de votre installation solaire thermique.

Calibration des sondes PT1000 ou CTN du système

Les sondes de température utilisées sur les CESI sont le plus souvent de type PT1000 ou CTN (thermistances à coefficient de température négatif). Avec le temps, ces capteurs peuvent dériver légèrement ou, plus rarement, tomber complètement en panne. Comment savoir si une sonde « raconte n’importe quoi » ? Une méthode simple consiste à comparer la température affichée par le régulateur à une mesure réelle effectuée au même endroit avec un thermomètre fiable.

Par exemple, un jour sans soleil ou la nuit, la sonde capteur et la sonde ballon bas devraient indiquer une température proche de l’air ambiant ou de la pièce où se trouve le ballon. Un écart constant supérieur à 5 °C entre l’affichage et la mesure réelle est suspect. De même, si la sonde capteur affiche 120 °C alors que les tuyaux sur le toit sont tièdes au toucher, la sonde est probablement mal en contact, mal isolée ou défectueuse. Certains régulateurs permettent une correction logicielle (offset) des sondes ; toutefois, en cas de dérive importante, il est préférable de remplacer la sonde pour retrouver un pilotage fiable du chauffe‑eau solaire.

Paramétrage du différentiel de température de démarrage et d’arrêt

Le principe d’un régulateur différentiel est de mettre en marche le circulateur lorsque la température des capteurs dépasse celle du ballon d’un certain seuil, et de l’arrêter lorsque cet écart retombe sous un autre seuil. Typiquement, on règle un différentiel de démarrage autour de 8 à 12 °C et un différentiel d’arrêt autour de 3 à 5 °C. Ces valeurs assurent un bon compromis entre rendement énergétique et limitation des démarrages intempestifs de la pompe.

Si ces paramètres sont mal réglés (delta de démarrage trop faible, par exemple 3 °C), le circulateur va se mettre en route alors que les capteurs n’apportent presque pas de chaleur utile, voire refroidir le ballon. À l’inverse, un delta de démarrage trop élevé peut laisser passer des apports solaires intéressants en mi‑saison. N’hésitez pas à consulter la notice de votre régulateur Sorel, Steca ou autre pour vérifier les réglages prévus par le fabricant et les comparer à ceux enregistrés dans votre appareil. Ajuster correctement ces paramètres peut suffire à retrouver un fonctionnement optimal de votre chauffe‑eau solaire, sans aucun changement matériel.

Lecture des codes erreur sur contrôleur sorel ou steca

En cas de dysfonctionnement, la plupart des contrôleurs Sorel, Steca ou d’autres marques affichent des codes erreur (E1, E2, E62, E63, etc.). Ces codes permettent de gagner un temps précieux pour identifier l’origine de la panne : sonde coupée, court‑circuit, surchauffe, manque de fluide, défaut de circulateur… Trop souvent, ces messages sont ignorés ou contournés en coupant et en rallumant simplement le régulateur, ce qui ne fait que masquer le problème.

Lorsque vous voyez apparaître un code erreur, prenez le réflexe de le noter avec la date, l’heure et les conditions météo (ensoleillé, nuageux, ballon chaud ou froid). Reportez‑vous ensuite à la notice du régulateur pour en connaître la signification exacte. Certains codes pourront être levés facilement (reconnexion d’une sonde débranchée, réinitialisation après une surchauffe ponctuelle), tandis que d’autres nécessiteront l’intervention d’un professionnel. En fournissant à votre technicien l’historique des codes erreur de votre chauffe‑eau solaire, vous lui faciliterez considérablement le diagnostic et réduirez le temps – donc le coût – de l’intervention.

Maintenance préventive et détection des dysfonctionnements

Comme tout équipement de production d’eau chaude, un chauffe‑eau solaire individuel a besoin d’une maintenance préventive régulière pour conserver ses performances dans la durée. L’objectif n’est pas de vous transformer en chauffagiste, mais de repérer tôt les signes de fatigue : baisse progressive de la température d’eau, bruits inhabituels, fuites, surchauffes répétées, etc. En combinant quelques contrôles simples à un entretien professionnel tous les 2 à 3 ans, vous pouvez espérer une durée de vie de 20 à 30 ans pour vos capteurs solaires et votre ballon.

Inspection des capteurs solaires plans ou à tubes sous vide

Les capteurs solaires, qu’ils soient plans vitrés ou à tubes sous vide, sont exposés aux intempéries toute l’année. Une inspection visuelle une à deux fois par an est donc indispensable. Depuis le sol ou un point haut sécurisé, vérifiez l’état général des vitrages : absence de fissure, de casse, de délamination ou de buée interne. Assurez‑vous également que les capteurs ne sont pas partiellement ombragés par une végétation qui aurait poussé, un nouveau bâtiment voisin ou un élément de toiture.

Une couche importante de poussière, de pollen, de fientes d’oiseaux ou de sable (après un épisode de sable du Sahara, par exemple) peut réduire de façon significative la production de votre chauffe‑eau solaire. Dans les zones très polluées ou proches de la mer, un nettoyage annuel avec de l’eau claire et un chiffon doux est souvent recommandé. N’intervenez jamais sur un toit sans les équipements de sécurité adaptés et évitez de nettoyer les panneaux en pleine journée : la différence de température entre l’eau froide et la surface très chaude pourrait provoquer un choc thermique.

Contrôle de la concentration en glycol propylène du fluide caloporteur

Le fluide caloporteur utilisé dans un CESI est généralement un mélange d’eau et de glycol propylène, choisi pour ses propriétés antigel et sa relative innocuité. Avec le temps et les cycles de chauffe/refroidissement, ce mélange se dégrade : le pH se modifie, l’inhibiteur de corrosion perd en efficacité et le point de congélation remonte. Un fluide usé protège moins bien votre installation contre le gel et la corrosion interne, ce qui peut entraîner des dommages coûteux sur les capteurs, l’échangeur ou le circulateur.

Un contrôle de la concentration en glycol et du pH tous les 2 à 3 ans est recommandé. Le professionnel utilise pour cela un réfractomètre ou un densimètre, ainsi que des bandelettes de test de pH. Si la teneur en antigel est insuffisante ou si le fluide est devenu acide, une vidange complète et un remplissage avec un nouveau mélange s’imposent. Profitez de cette opération pour faire vérifier la pression de service, le bon fonctionnement de la soupape de sécurité et l’absence de boues dans le circuit. C’est un investissement modéré qui prolonge nettement la durée de vie de votre chauffe‑eau solaire.

Vérification de l’isolation thermique des canalisations cuivre

Les canalisations cuivre reliant les capteurs au ballon parcourent souvent des zones froides (combles, garage, local non chauffé). Une isolation dégradée ou insuffisante peut entraîner des pertes de chaleur importantes, surtout en hiver, et réduire sensiblement le rendement global de votre chauffe‑eau solaire. À terme, les tuyauteries non protégées sont aussi plus exposées au risque de gel en cas de longue période de grand froid.

Examinez l’état des manchons isolants qui enveloppent les tuyaux : ils doivent être continus, sans parties manquantes, ni traces de morsures d’animaux, ni déchirures laissant apparaître le cuivre nu. Les jonctions et coudes doivent être correctement recouverts. Remplacer quelques mètres d’isolant abîmé est une opération simple, peu coûteuse, qui peut améliorer significativement les performances de votre installation solaire thermique. Pensez‑y en particulier si votre CESI a plus de 10 ans ou si des travaux en combles ont été réalisés depuis sa pose.

Optimisation du système et mesures correctives

Même si votre chauffe‑eau solaire fonctionne « correctement », il est souvent possible d’optimiser encore son rendement et son confort d’utilisation. Orientation des panneaux, réglages de régulation, qualité du fluide, état du circuit hydraulique : chaque paramètre compte. En intervenant de manière ciblée, vous pouvez parfois gagner plusieurs dizaines de pourcents de production solaire utile, prolonger la durée de vie du matériel et réduire la sollicitation de votre système d’appoint (électricité, gaz, bois, etc.).

Ajustement de l’orientation et de l’inclinaison des panneaux thermiques

Lorsqu’un projet de chauffe‑eau solaire est bien étudié dès le départ, l’orientation et l’inclinaison des capteurs sont optimisées pour votre région et vos besoins. Cependant, il arrive que des contraintes architecturales ou des erreurs de conception aboutissent à une pose loin de l’idéal : capteurs orientés sud‑est ou sud‑ouest, inclinaison trop faible ou trop forte, ombres portées non anticipées. Dans certains cas, un simple repositionnement des capteurs peut améliorer notablement les performances annuelles.

En France métropolitaine, l’orientation plein sud et une inclinaison entre 30 et 45 ° sont généralement recommandées pour un CESI. Si vos capteurs sont installés à plat ou avec une pente très faible, leur rendement sera correct en été mais moins bon aux mi‑saisons, alors que les besoins en eau chaude restent importants. Discuter de ces aspects avec un installateur RGE peut vous permettre de décider s’il vaut la peine de modifier la pose (ajout de châssis sur toit terrasse, déplacement de la batterie de capteurs, etc.). C’est une opération lourde, mais qui peut se justifier si votre installation solaire est très sous‑performante.

Purge et remplissage du circuit avec station de remplissage

Lorsque le circuit primaire présente des problèmes récurrents d’air, de pression instable ou de fluide dégradé, une simple remise à niveau ne suffit plus : il devient nécessaire de purger complètement le réseau et de le remplir à nouveau avec une station de remplissage spécialisée. Cette opération, réalisée par un professionnel, permet de chasser efficacement l’air des points hauts, d’obtenir une pression homogène et de vérifier le bon fonctionnement de tous les organes de sécurité.

La station de remplissage met le circuit solaire en circulation forcée avec le nouveau mélange eau/glycol, à une pression légèrement supérieure à la pression de service. Le technicien ouvre successivement les purgeurs, contrôle la stabilité de la pression au manomètre et s’assure que le circulateur fonctionne sans bruit de cavitation. Une fois l’opération terminée, votre chauffe‑eau solaire repart sur de bonnes bases hydrauliques. C’est un peu l’équivalent d’une « vidange complète et purge des freins » sur une voiture : invisible au quotidien, mais essentiel pour la sécurité et la performance.

Remplacement du fluide caloporteur dégradé par surchauffe

Les surchauffes répétées, notamment en été lorsque la consommation d’eau chaude est faible, peuvent altérer rapidement le fluide caloporteur. Le glycol se caramélise, fonce, perd ses propriétés antigel et forme parfois des dépôts dans l’échangeur et les capteurs. Un fluide ainsi « cuit » se reconnaît à sa couleur très sombre, presque noire, à une odeur âcre et parfois à une viscosité accrue. Laisser ce fluide en place, c’est prendre le risque d’encrasser irrémédiablement votre installation.

Le remplacement du fluide caloporteur dégradé fait partie des mesures correctives majeures pour remettre en état un chauffe‑eau solaire qui a trop souvent stagné. Le professionnel vidange entièrement le circuit, rince si nécessaire avec un produit adapté, puis remplit avec un nouveau mélange validé par le fabricant (eau déminéralisée + glycol propylène solaire). Il en profite pour vérifier le vase d’expansion, la soupape et le circulateur. Après cette intervention, vous repartez comme avec un CESI presque neuf, à condition bien sûr de traiter la cause des surchauffes (dimensionnement, gestion de l’appoint, stratégie de refroidissement nocturne…). Ainsi entretenu et optimisé, votre chauffe‑eau solaire continuera de vous fournir une eau chaude abondante, écologique et économique pendant de nombreuses années.

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